Des chercheurs de l’EPFL ont développé un outil capable de calculer sur 30 ans la performance d’éoliennes dans le paysage, tout en préservant la biodiversité environnante. Testé sur la forêt des Carpates, en Roumanie, cet outil de simulation pourrait être adapté au Jura suisse dont les paysages sont similaires.
Il aura fallu le concours de trois laboratoires de l’EPFL et un partenariat avec la Roumanie pour développer ce nouvel outil. Pour la première fois dans le cadre de l’énergie éolienne, les chercheurs du Laboratoire d'ingénierie éolienne et d'énergie renouvelable (WIRE), du Laboratoire des systèmes écologiques (ECOS) et du Laboratoire des systèmes d’information géographique (LASIG) ont mis leurs données et leur modèles numériques en commun avec des experts de l'Université de Bucarest (centre de recherche CeLTIS).Pourquoi les chercheurs ont développé cet outil ?
Les chercheurs veulent mettre à disposition d’autorités locales un outil de modélisation qui permette de simuler sur le long terme la performance d’un parc éolien dans un paysage donné. Ceci en tenant compte de l’évolution du paysage et en respectant la biodiversité: le modèle permet par exemple d’y intégrer l’utilisation agricole du terrain. Un point important pour équilibrer une bonne répartition entre les surfaces de culture et de pâturages, plutôt favorables aux vents forts et celles de forêt naturelle, dont les arbres vont plutôt réduire les performances des éoliennes. Cette recherche s’inscrit dans le cadre du projet WindLand, financé par le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique et d’une coopération scientifique du SCCER-FURIES et d’InnoSuisse avec la Roumanie.Les chercheurs veulent préserver la biodiversité
«Nos résultats montrent qu’un compromis est possible entre biodiversité et production d’énergie éolienne et que chercher à obtenir immédiatement des performances énergétiques maximales est une erreur», explique Jiannong Fang, collaborateur scientifique au Laboratoire WIRE et premier auteur de l’étude parue dans le numéro de juin de Science of the Total Environment, en partenariat avec l’Institut fédéral de recherche WSL.
