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Oulan-Bator : une ville qui explose

Il y a plus d'un anpar Horizon-durable - Ju

Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie, se voit devenir une destination toujours plus prisée par l'exode rural et se retrouve 2ème ville la plus polluée du monde.

























Lorsque cette ville a été fondée en 1639, elle était en fait un monastère bouddhiste itinérant et un relais de poste. Ce n'est qu'en 1778 que la ville a pris possession définitive du territoire qu'elle occupe actuellement. C'est ainsi qu'elle se situe près de la rivière Tuul, au nord du Bogd Uul, la « montagne sacrée ».



Au début du 19ème siècle, près de 60% des habitants vivaient dans des yourtes blanches, qui est l'habitat traditionnel mongole. Elles étaient entourées de palissades et leur position formait d'immenses quartiers. Cependant, ces quartiers sont des bidonvilles et sont privés de toute commodité élémentaire : ni eau courante, ni sanitaire.



Pendant les années 30, sous le communisme, les Russes ont entrepris d'urbaniser la ville. Un transfert à la manière soviétique des habitants dans des immeubles n'a pas fait disparaître pour autant les yourtes que les habitants ont gardé pour y retourner en hiver.

Le problème est que ces quartiers s'étendent continuellement à cause de l'exode rural qui pousse les Mongols à migrer dans la capitale.



En effet, lors de la sortie du communisme en 1990, un grand nombre d'usines construites par les Soviétiques ont fermé. De nombreux anciens ouvriers ont alors quitté la ville pour retourner à leurs racines, c'est-à-dire à l'élevage et au nomadisme. Mais lorsque de sévères hivers ou un dzud (sécheresse estivale suivie d'un enneigement qui glace le sol et empêche les animaux de se nourrir) arrivent et déciment les troupeaux, la nostalgie du communisme peut se faire ressentir. Sans plus aucune bête, ils sont obligés de retourner en ville.



Quant aux « authentiques » éleveurs, c'est-à-dire ceux qui le sont restés pendant l'époque communiste, ils sont également touchés par les rudes hivers et le dzud. Malgré tout leur savoir-faire accumulé au long des années, certains ont décidé de laisser ce qui restait de leur troupeau pour aller voir en ville si l'avenir y est meilleur, au moins pour leurs enfants. Car, là-bas, il y a l'école gratuite et ils comptent dessus pour éduquer leur descendance.



Ils sont donc de plus en plus nombreux à rejoindre la capitale qui compte aujourd'hui près de la moitié de la population mongole, qui est de 2,8 millions.



Les bidonvilles s'agrandissent et les problèmes qui vont avec aussi : taux de criminalité élevé, alcoolisme, misère et désespoir sont leur triste quotidien. En 2011, rien que 50'000 personnes y ont migré. C'est pourquoi cette ville se retrouve au second rang des villes les plus polluées dans le monde. Quels facteurs expliquent-ils cela ? Les résidents se servent de charbon et de bois comme combustibles. Or, lorsqu'on sait que les températures d'Oulan-Bator descendent jusqu'à -25° en moyenne en hiver, les quantités de carburants qui sont utilisées doivent être immenses.

La densité croissante dans les bidonvilles y est aussi pour quelque chose. Elle est démesurée et évidemment incontrôlée, ce qui ne favorise pas un développement durable. Il suffit de regarder les déchetteries qui ne traitent généralement pas les déchets, mais les entreposent simplement aux alentours de la ville. Ce qui est un réel problème au niveau de l'odeur mais surtout du fait que c'est un vecteur de maladies.



Pourtant, la situation d'Oulan-Bator n'est que peu connue. Quant aux autorités internationales, elles ne se prononcent pas sur ce sujet.



Sources : http://www.terre-mongolie.com/mongolie/mongolie.php

BELT Don. Les descendants de Gengis Khan. National Geographic. N° 145, octobre 2011, pp. 64-81.

 

 





Horizon-durable - Justine Grespan