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L’agriculture contractuelle de proximité : késako ?

Il y a plus d'un anpar Horizon-Durable

A l’heure de nos sociétés en quête de croissance constante, des voix se font toujours plus fortes afin de protester contre l’obligation de produire encore et toujours plus. La transition vers une société post énergies fossiles se met donc en marche grâce à divers acteurs, notamment ceux qui s’investissent dans l’agriculture contractuelle de proximité.





Mais qu’est-ce que cela signifie ? Ce terme recouvre tous les systèmes d’organisation de production et de distribution d’aliments où les liens entre le producteur et le consommateur sont directs. Les deux groupes d’acteurs sont ainsi engagés par des contrats qui les lient plus ou moins fortement à un projet commun.


L’organisation qui en est pionnière est les Jardins de Cocagne, fondée en 1978. Leur idée est née d’une prise de conscience quant aux dangers d’une production agricole industrielle et globalisée. En effet, les petits agriculteurs risquent d’avoir toujours plus de difficultés à participer à une économie de marché qui demande de grandes unités de production agricole pour être rentable. Cette recherche constante de profit marginalise donc les petits producteurs qui n’ont pas la capacité de rivaliser avec les grands.


Les Jardins de Cocagne préfèrent s’engager sur le chemin d’une agriculture de proximité et de la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire que chaque région, pays devrait avoir la capacité de se nourrir sans aide extérieure.

Le contrat que passe cette organisation avec les coopérateurs est le suivant : le coopérateur paie une cotisation annuelle et effectuent des demi-journées de travail en fonction de la part sociale qu’ils ont achetée en s’inscrivant. Le succès a été tel que l’organisation a dû établir une liste d’attente pour ceux, toujours plus nombreux, qui souhaitent encore y adhérer.


C’est pourquoi, actuellement, de nouvelles organisations d’agriculture contractuelle de proximité fleurissent encore et encore.


En 2003, c’est l’Affaire Tournerêve qui voit le jour par le regroupement d’un producteur de tournesol, de membres des Jardins de Cocagne et d´Uniterre (syndicat paysan romand).

En 2007 naît le Jardin des Charrotons qui a déjà atteint son maximum de coopérateurs avec le nombre de 140 familles membres. Pour cette organisation-ci, il faut donc aussi s’inscrire sur une liste d’attente. Ce qui montre à quel point les Romands sont enjoués quant à ce système de coopération entre les producteurs et consommateurs.

Selon Uniterre, c’est d’ailleurs près de quarante exploitations d’agriculture contractuelle de proximité que compte la Suisse, avec plus de 7000 membres. Beaucoup d’entre elles se sont créées après 2005 dans les cantons de Genève et de Vaud.

Si nous regardons chez notre voisin français, celui-ci s’est inspiré des Jardins de Cocagne pour fonder le leur en 1991. Petite différence, mais qui mérite notre attention, il y a été ajouté un côté social au projet. En effet, cette organisation sert à la réinsertion de publics en difficulté. Dépassée par son succès, le nombre de jardins passe de 20 à 50 entre 1996 et 1999. C’est pourquoi il y a eu la création d’une structure nationale pour mieux coordonner leurs activités qui est née en juillet 1999, sous le nom de Réseau Cocagne.

L’attraction pour une agriculture contractuelle de proximité n’est donc clairement pas limitée à la Suisse et ce système d’organisation mérite d’être connu par les citoyens afin qu’ils puissent choisir au mieux la façon dont ils souhaitent acheter leurs produits alimentaires.

A Zürich, la coopérative Ortoloco (née il y a deux ans) souhaiterait même se lancer dans la fabrication de textiles et l’achat direct d’aliments non périssables. De nouvelles idées qui ouvrent de nouvelles perspectives à suivre de près.



Sources :
http://www.charrotons.org/
http://www.cocagne.ch/cms/page-daccueil
http://www.tournereve.ch/cms/
http://www.reseaucocagne.asso.fr/missions.php




Horizon-durable - Justine Grespan