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Le jean, symbole de notre hyperconsommation

Il y a plus d'un anpar Horizon-Durable

Aujourd’hui, on veut tout avoir, tout acheter. Cette frénésie s’endigue dans un nouveau courant : l’hyperconsommation. On a envie de neuf, on achète, on se lasse, on jette et hop ! ça recommence. C’est un vrai phénomène de mode ! En parlant de mode, combien de jeans avez-vous ? Oui je sais. Beaucoup c’est ça ? Moi aussi…

 


Que ce soit une couleur, un petit nœud, une texture, une dentelle, une forme ou même un prix, nous sommes tous attirés dans les divers magasins qui n’hésitent pas à brader leurs prix et renouveler leur collection plusieurs fois par année.

 

Saviez-vous que 80% des vêtements vendus dans le monde sont en coton ? A partir de ce constat, on peut très vite se demander d’où il vient La plupart vient de Chine ou plus précisément du Xinjiang, une région au nord ouest du pays. Avec une production de plus de trois millions de tonnes par année, la Chine se place première place mondiale de l’or blanc. Mais quels sont les conséquences d’une production si intense sur notre environnement et sur nos vies ?

 

Tout d’abord, il faut savoir que la plante du coton demande beaucoup d’eau pour fleurir. La récolte d’un kilo de coton nécessite onze milles litres d’eau (ce qui équivaut à la consommation d’eau d’un Français durant trois mois). Il est à noter que la région du Xinjiang est très aride et qu’il a fallu dans les années 1960 (sous le régime de Mao) construire des centaines de canaux déviant les cours d’eau de la région. Cinquante ans plus tard, on y croise des lits de rivières totalement asséchés. Cela n’arrête pas les producteurs qui ont décidé de puiser l’eau souterraine. Ce n’est pas une meilleure solution car les nappes phréatiques sont quasiment asséchées elles aussi.

Ensuite, Si on change d’horizon et qu’on se dirige plus vers l’est, on rencontre un autre exemple tragique pour la nature à cause du coton. Il s’agit de l’Ouzbékistan qui s’est investi dans la culture du coton vingt ans plus tôt que la Chine. Résultat, la mer d’Aral s’est vidée de ses eaux et est aujourd’hui presque sèche.

Finalement, malgré les dégâts écologiques certains, les cultivateurs continuent d’exploiter les sols car la production de coton est très rentable dans ces régions rurales. De plus, la demande mondiale n’a jamais été aussi forte. Elle a triplé en moins de cinquante ans.

 

Si on se concentre plus sur la production du jean, on remarque que ce bleu chimique n’est en réalité qu’un poison déversé dans les eaux du monde. Dans la région de Canton en Chine, 40% de la production mondiale de jeans est conçue à la main ou en usine. Pour la région c’est un succès économique plus que prouvé mais pour l’environnement c’est affreux. Tout le surplus de la teinture bleue est directement évacué dans la nature. Vues par satellite, des rives bleues se dessinent. En plus de cette pollution visuelle, les problèmes sanitaires ont été relevés par les laboratoires notamment à cause de la quantité énorme de Manganèse et autres solvants chimiques dans les eaux. De plus, ses eaux se sont vidées de leur faune et flore. Tout est mort.

 

L’environnement est changé, mutilé par l’homme et ses mauvaises habitudes. Heureusement, certains producteurs ou consommateurs se réveillent et changent leur manière de vivre, de consommer ou de produire. Des alternatives au coton font surface. On peut voir par exemple des jeans faits d’ortie au Pays Bas. C’est une herbe qui ne nécessite aucune irrigation et qui pousse facilement en Europe. Après filage, c’est une matière fine et très isolante et presque aussi solide que le coton. Seul problème : le prix. L’ortie demande quatre fois plus d’investissement financier que le coton. Espérons que les choix des consommateurs seront guidés par une bonne conscience. En attendant de trouver des alternatives concurrentes au coton, essayons de calmer nos ardeurs aux abords des magasins.

 

 

Source : M6, Capital Terre.

 

Horizon-durable – Laura Raimundo

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