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Critical Mass : la rue leur appartient !

Il y a plus d'un anpar Horizon-Durable

Circuler en voiture à Genève relève autant du suicide que de la folie. Travaux, embouteillages, conducteurs inconscients, la ville engorgée par le trafic ne se prête vraiment pas à l’automobilisme.


Embouteillage voitures route

Les transports en commun offrent un réseau de mieux en mieux desservi, mais leurs prix deviennent chaque année plus rédhibitoires. De nombreux courageux ont opté pour le vélo, solution dangereuse, car au nom du Dieu Voiture tout puissant, les vélos et autres véhicules doux passent au second plan. Le problème est loin d’être spécifique à Genève, la preuve en est la création dans plus de 350 villes du monde de « Critical Mass », soit des rassemblements de cyclistes revendiquant une place et une importance dans l’espace urbain. Le mouvement est né en 1992 à San Francisco et a fait de nombreux émules dont Genève depuis de nombreuses années.

En effet, qui n’a jamais vu le dernier vendredi du mois, une foule de jeunes à vélo, skate- board, roller ou trottinette traverser la ville ? Voilà, la joyeuse et conviviale « Critical Mass » de Genève ! Ce cortège spontané et pacifique revendique un espace pour les véhicules non polluants, des aménagements cyclistes urbains, mais surtout une prise de conscience des automobilistes. Ce concept dynamique et non organisé soulève pourtant bien des polémiques dans la bien nommée « Cité de Calvin. » Alors que les journées au nom de la mobilité douce rencontrent de plus en plus de succès, les « masses critiques » de Genève sont devenues la cible des autorités et des politiciens (de droite, il faut le souligner) de la ville. Ce 22 mars, deux personnes ont été accusées d’être les co-organisateurs d’une manifestation non autorisée dans le but avoué de bloquer le trafic. Accusation pleine de non-sens, car la « Critical Mass » est un mouvement sans leader, sans hiérarchie et ce depuis plus de dix ans. Mais le paradoxe réside surtout dans la mauvaise fois de l’accusation : les revendications des « cycloterroristes » (charmant néologisme de Monsieur Maudet) sont en parfaite adéquation avec les questions d’environnement qui agitent l’actualité. Développement durable, mobilité douce, changements dans les mentalités, tel est le fond des exigences de ces « agitateurs ». Mais quand c’est la jeunesse qui se mobilise, dans un charmant désordre, on l’avouera, les politiciens paniquent, car comme le disait si bien Brassens : « Non les braves gens n’aiment pas que l’on prenne une autre route qu’eux. » Pourtant, rien n’est plus fort que la masse pour faire bouger les choses et faire comprendre que nous devons changer notre mode de vie et surtout nous délivrer de notre addiction au pétrole. La jeunesse que l’on dit si désolidarisée des questions politiques et d’environnement montre qu’au contraire elle sait se mobiliser pour montrer aux « braves gens » qu’elle peut agir. Le problème réside surtout dans le fait qu’elle ose le faire de manière non cadrée et non aseptisée comme le voudrait tellement Monsieur Maudet et autres Isabel Rochat…

Merci la Critical de faire bouger les choses et de revendiquer haut et fort au son des sonnettes que l’avenir de l’humanité est entre les mains de la fougue de la jeunesse !

Horizon-Durable - Sarah Vermot