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Le culte du prêt à jeter

Il y a plus d'un anpar Horizon-Durable

Qu’il est loin le temps où un téléviseur, une radio ou une machine à laver duraient toute une vie. Aujourd’hui, les produits de consommation ont une longévité des plus réduites. Quel paradoxe à l’ère de la technologie et de l’avancée scientifique ! Le coupable n’est pas à chercher très loin. C’est le Dieu Profit. 



Notre société capitaliste repose sur un dogme très simple : il faut entretenir la consommation. Il serait donc totalement illogique et peu rentable pour les industriels de produire des biens durant plusieurs décennies. Le consommateur est alors pris dans un engrenage implacable : d’un côté, il y a la tentation de chaque instant de posséder le nec plus ultra. Mais d’un autre côté, une nouveauté est démodée en quelques mois à peine. Il faut donc acheter, toujours acheter, remplacer le noir et blanc par la couleur, passer au tactile et à l’écran plat. De plus, il n’est guère facile d’être fidèle à un appareil quand les réparations en cas de panne coûtent souvent plus que l’achat d’un appareil neuf.

Qu’il est loin le temps où un téléviseur, une radio ou une machine à laver duraient toute une vie. Aujourd’hui, les produits de consommation ont une longévité des plus réduites. Quel paradoxe à l’ère de la technologie et de l’avancée scientifique ! Le coupable n’est pas à chercher très loin. C’est le Dieu Profit. Notre société capitaliste repose sur un dogme très simple : il faut entretenir la consommation. Il serait donc totalement illogique et peu rentable pour les industriels de produire des biens durant plusieurs décennies. Le consommateur est alors pris dans un engrenage implacable : d’un côté, il y a la tentation de chaque instant de posséder le nec plus ultra. Mais d’un autre côté, une nouveauté est démodée en quelques mois à peine. Il faut donc acheter, toujours acheter, remplacer le noir et blanc par la couleur, passer au tactile et à l’écran plat. De plus, il n’est guère facile d’être fidèle à un appareil quand les réparations en cas de panne coûtent souvent plus que l’achat d’un appareil neuf.


Ce piège moderne a un nom qui prêterait presque à la rêverie : l’obsolescence programmée. Et oui, encore une manipulation de plus de notre société. Plus précisément, ce concept remonte à 1924, lors d’un regroupement de grands industriels du secteur des fabricants d’ampoules. Le Cartel de Phoebus (il est peut-être impertinent de soulever que Phoebus est le Dieu de la Lumière, mais aussi de l’Intelligence) est créé en réaction à l’augmentation de la durée de vie des ampoules électriques : en 1924, une ampoule peut briller jusqu’à 2'500 heures. Une charte commune est donc signée pour qu’une nouvelle sorte d’ampoule plus rentable devienne la norme. Dorénavant, la durée de vie de ces objets sera de 1000 heures.


Plusieurs mécanismes sont utilisés par les industriels pour réduire la performance des biens de consommation : l’obsolescence peut être indirecte, faite par notification, par incompatibilité, par esthétisme ou encore par péremption. Bref, des médicaments aux habits en passant par les imprimantes, tout ce que nous achetons comporte un défaut de conception afin de nous inciter à consommer toujours plus. Outre le caractère profondément scandaleux de cette pratique, elle est d’autant plus révoltante à l’heure des problèmes environnementaux qui nous menacent. Comment rester cohérent en parlant de recyclage, de développement durable alors que tout est conçu pour avoir une durée de vie éphémère ?! En effet, changer de portable, d’ordinateur ou d’aspirateur tous les deux ans engendre des résidus de métaux lourds qui polluent les pays pauvres. Greenpeace a récemment tiré la sonnette d’alarme quant aux milliers de tonnes de déchets toxiques amenés en Afrique contaminant l’eau et la terre.


De quelle façon faut-il réagir face à cette surenchère consumériste ? L’exemple d’Elizabeth Pritzker qui a intenté un procès en recours collectif à Apple pour obliger le groupe à remplacer les batteries d’Ipod défectueuses reste, à mon sens, un tour de force, car il serait vraiment utopique d’imaginer pouvoir faire abandonner cette pratique aux industriels. Donc ,une des solutions consiste à faire réparer son bien en panne, non pas par le revendeur de la marque, mais par des artisans ou encore à payer des suppléments de garantie plus longs. Ces solutions ne font que détourner le problème, car l’obsolescence programmée, quant on y pense, est ancrée dans notre façon de consommer et l’abandonner demanderait un changement complet des mentalités.



Horizon-Durable.ch - Sarah Vermot