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Produits bio: deux tiers des échantillons testés en Argovie non confor

Il y a plus d'un anpar Horizon-Durable

Berne (ats) Les produits dits "bio" ne le sont pas toujours autant qu'ils le devraient. C'est ce qu'a révélé un test dans le canton d'Argovie, où deux tiers des produits étaient non conformes. En Suisse romande, un contrôle en 2007 avait donné des résultats nettement meilleurs.En 2008, l'Office argovien de protection des consommateurs a examiné 25 fournisseurs de produits bio, parmi lesquels des producteurs de lait et de légumes, des boulangeries et des restaurants. Verdict: 17 ne respectaient pas les normes.
Les critiques portaient par exemple sur une utilisation illicite de matières premières et d'additifs ou l'usage de produits désinfectants, a dit Peter Grütter, chimiste cantonal et directeur de l'Office argovien de protection des consommateurs, confirmant une information récente du quotidien "Blick".Une entreprise a aussi été montrée du doigt car une partie seulement de sa production était bio, alors même qu'elle arborait le logo "Bourgeon". Dans un autre cas, la carte d'un restaurant donnait l'impression que tous ses plats étaient biologiques, alors qu'une partie seulement l'étaient vraiment.

Bon score en Suisse romande

Un test effectué en 2007 en Suisse romande a révélé des résultats plus réjouissants. Sur 57 échantillons de fruits et légumes prélevés dans les cantons de Genève, Vaud et Neuchâtel, 88% des denrées (50 produits) n'ont présenté aucun résidu de produits chimiques de synthèse, a indiqué Didier Ortelli, chimiste cantonal délégué genevois, interrogé par l'ATS.
Pour 7% des échantillons (4), des traces de pesticides ont été mises en évidence, mais il s'agissait à chaque fois de substances d'origine naturelle autorisées dans le cadre de l'agriculture biologique, comme par exemple le soufre.Seuls 5% des prélèvements analysés (2 pommes et un broccoli) se sont avérés non conformes en présentant des résidus de pesticides synthétiques. Pour les deux pommes, il a été établi qu'elles provenaient d'exploitations conventionnelles dont les caisses avaient été mal étiquetées lors de leur présentation au magasin.

Résultats "désagréables"

Les restaurants, par exemple, sont soumis à des prescriptions précises concernant la manière de déclarer les produits bio sur leur carte. Il peut toutefois arriver que certains contreviennent au règlement, a admis Jacqueline Forster, porte-parole de Bio Suisse, l'Association suisse des organisations d'agriculture biologique, interrogée par l'ATS.
Le nombre élevé de critiques est "désagréable", selon elle. Mais les exigences sont très hautes pour les produits bio et de petites infractions de la part des producteurs sont par conséquent inévitables. Comme la majorité des infractions recensées dans le canton d'Argovie sont minimes, Bio Suisse ne voit pas de nécessité d'intervenir, ajoute Mme Forster.Pour des raisons de protection des données, les autorités argoviennes ne peuvent pas communiquer le nom des exploitations fautives, ce qui réduit encore la marge de manoeuvre de Bio Suisse. Mme Forster suppose que derrière ces infractions se cache plutôt de l'ignorance que de la mauvaise volonté.

Contrôles aussi de Bio Suisse

Le diable se cache dans les détails. C'est pourquoi nous voulons expliquer aux producteurs comment ils doivent se comporter et nous avons prévu de consacrer un article à ce sujet dans la prochaine édition de revue interne", note Jacqueline Forster.

Si les chimistes cantonaux examinent les produits finis, Bio Suisse contrôle les processus de production. Chaque exploitation qui se pare du label "Bourgeon" est ainsi contrôlée au moins une fois par année sous toutes ses coutures lors d'une visite annoncée, explique la porte-parole. Des contrôles non annoncés sont en outre effectués.Si un producteur veut adopter le label bio, c'est toute son exploitation qui doit répondre aux critères. Pour les restaurants en revanche, un établissement peut utiliser exclusivement ou seulement partiellement des produits bio pour être certifié.