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Verra-t-on un jour des méga camions sur nos routes ?

Il y a plus d'un anpar Horizon-Durable

photos titre mega camions mega trucks

 

Jugée indispensable par les industriels du transport, l'arrivée possible de poids-lourds gigantesques sur les routes Suisse fait frissonner les défenseurs de l'environnement.

 

La question est de taille. Actuellement, les camions peuvent transporter jusqu'à 40 tonnes de marchandises, et mesurer 18,75 mètres. Un méga-camion, comme son nom l'indique, c'est une autre échelle. Jusqu'à 60 tonnes et 25,25 mètres de long. Soit l'équivalent en poids d'un Boeing 737.

 

comparéson entre voiture camion et mega camion

 

«En vue de transférer le plus possible de marchandises acheminées à travers les Alpes de la route sur le rail, la Suisse est en train de construire la NLFA - Nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes», peut-on lire sur le site Internet du département fédéral (ministère) de l'Environnement, des Transports, de l'Energie et de la Communication (DETEC). Et le cœur de la NLFA, c'est le nouveau tunnel de base du Gothard.

C'est la solution choisie par la Suisse pour pouvoir limiter le transit des poids lourds à un maximum de 650'000 par année, objectif inscrit dans la Constitution fédérale depuis l'acceptation de l'Initiative des Alpes en votation populaire. L'objectif devrait être atteint à la fin 2017, avec l'entrée en service du tunnel de base du Gothard. En attendant, quelque 1,3 million de camions continuent de pétarader à travers le pays chaque année.


Le rail insuffisant

Il en ressort que le tunnel de base du Gothard n'aurait qu'un effet marginal sur le transfert de la route sur le rail. La part de marché de ce dernier augmenterait de 62 à 64,5% et celle de la route diminuerait de 38 à 35,5%

Mais en supposant que le volume total du trafic marchandises passe à 60 millions de tonnes nettes d'ici à 2019, il faudrait que la part de marché de la route diminue de quelque 15% pour réaliser l'objectif de 650'000 poids lourds annuels à travers les Alpes suisses.

Si le tunnel de base du Gothard ne devrait pas avoir plus d'impact, c'est parce que son attrait financier n'est pas suffisant pour les transporteurs. L'économie de 82,5 minutes sur le trajet et de 32 km sur la distance augmenterait certes la productivité mais n'aurait pas grand effet sur les coûts.

L'Europe réfléchie de les introduire. La Suisse pour le moment se dit contraire. Mais jusqu'à quand? Si l'Europe les introduirait, comment la petite Suisse pourra-t-elle resister à la préssion européenne?

Bonne nouvelle: les cantons se mobilisent. 15 parlaments cantonaux sont en train de traiter des initiatives cantonales qui demandent au Conseil fédéral d'être ferme sur sa position de rejet et de montrer clairement son opposition à l'UE.

Transporteurs fâchés

De son côté, l'Association suisse des transports routiers (ASTAG) ne voit pas les choses du même œil. Le lobby des transports parle de «gouffre à milliards» sans aucune garantie de parvenir au transfert souhaité.

Selon l'ASTAG, la politique menée actuellement est une impasse sur toute la ligne et ne fait que creuser une énorme dette.

L'association conclut qu'une réorientation totale de la politique des transports est urgente et indispensable. Quant à l'idée de bourse du transit, l'ASTAG la juge irréaliste et y voit une «nouvelle contrainte» pour le secteur du transport routier.