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Sur les routes du Jura, « Attention lynx ! »

Il y a 4 moispar horizon-durable.ch

L’Étoile (France) (AFP) – Réintroduit dans le massif du Jura il y a 40 ans, le lynx boréal est aujourd’hui menacé par les accidents de la route. Entre septembre et décembre 2017, sept lynx ont été percutés et six tués: une hécatombe pour cette espèce protégée.

 

Solitaire et très mobile, ce grand félin doré et moucheté de noir aux oreilles triangulaires a des moeurs crépusculaires. Il se déplace de nuit dans les forêts escarpées du massif jurassien et croise parfois la route d’un automobiliste surpris, qui n’a pas le temps de l’éviter.

 

Entre septembre et décembre, un mâle reproducteur, trois jeunes et trois femelles allaitantes – dont les petits n’ont pas été retrouvés – ont été percutés par des véhicules dans les départements du Doubs et du Jura, souligne le centre Athénas, spécialisé dans la sauvegarde du lynx.

 

Ces collisions sont la cause de « l’augmentation du trafic routier et de la vitesse sur certains axes, aménagés pour faciliter le transport des travailleurs frontaliers » vers la Suisse, explique le directeur du centre, Gilles Moyne.

 

« C’est lié aussi à l’écologie du lynx, qui utilise de grands territoires forestiers, coupés par ces axes routiers », ajoute M. Moyne. Par ailleurs, les femelles se déplacent beaucoup en automne et en hiver pour nourrir leurs petits, ce qui augmente leur vulnérabilité.

 

Le lynx boréal s’est réinstallé dans le Jura après sa réintroduction en Suisse, dans les années 70. Le versant français du massif jurassien compte aujourd’hui une centaine de lynx, soit environ 90% de la population en France.

 

Un seul des sept lynx récemment percutés, une femelle, a survécu. Recueillie par le centre Athénas, basé dans le Jura, elle se remet doucement de ses blessures, mais sans espoir d’être relâchée dans la nature.

 

Le constat de la vétérinaire, Muriel Janin-Platel, est sans appel: « Sa moelle épinière est comprimée, l’information circule mal et le lynx a du mal à utiliser ses pattes arrière pour se déplacer ». « La récupération à 100% est impossible. L’idée, c’est de voir (…) dans quelle mesure on peut la soulager ».

 

 

Pour prévenir les accidents, le centre Athénas a pour projet, avec l’autorisation du Conseil départemental, d’installer des panneaux lettrés « Attention lynx ! » et des panneaux jaunes montrant un lynx dans la zone où se sont produits les accidents.

 

« L’idée, c’est que les gens ralentissent et fassent attention de manière plus automatique sur certains tronçons », explique Gilles Moyne.

 

Cette signalétique sera saisonnière, pour que les gens ne s’y habituent pas. « C’est à notre avis le secret. Il faut que les gens se disent +c’est maintenant qu’il faut faire attention, parce que, si je vais trop vite, un lynx risque de faire une mauvaise rencontre+ », ajoute-t-il.

 

Le centre espère pouvoir mettre en oeuvre ce projet « au début de l’automne 2018 ».

 

M. Moyne s’inquiète des accidents particulièrement « concentrés dans le temps » en 2017. « Ça pose un réel problème sur la pérennité de cette espèce protégée », estime-t-il.

 

« L’aire de présence du lynx a cessé de croître depuis 2005. Si on a en plus une surmortalité liée aux accidents de la route et au braconnage, on peut avoir une régression de cette aire de présence », redoute ce passionné.

 

Afin d’améliorer la connaissance de cette population et pour mieux la conserver, le centre Athénas a lancé fin 2017 une vaste campagne d’analyses ADN sur le lynx.

 

Pour sa part, la Fédération départementale des chasseurs du Jura estime que « le lynx est en bon état de conservation ».

 

« Les suivis faits par pièges photographiques ne montrent pas de situation alarmante et amènent beaucoup de preuves de reproduction de l’espèce », affirme son directeur, Stéphane Lamberger.

 

© AFP

Source: goodplanet.info

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