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Nature: quand les bourdons se soignent en butinant

Il y a plus d'un anpar horizon-durable.ch

Paris (AFP) – Une « armoire à pharmacie Â» en pleine nature? Certaines substances actives contenues dans le nectar des fleurs réduisent les infections parasitaires chez les bourdons, ont constaté des chercheurs.

 

Cette observation pourrait donner des pistes pour tenter de limiter le déclin sévère des insectes pollinisateurs lié à des causes multiples (intensification de la monoculture, insecticides, agents pathogènes…).

 

« Faire pousser des plantes contenant ces substances près des champs pourrait créer une +armoire à pharmacie+ susceptible d’améliorer la survie des abeilles malades et la pollinisation des cultures Â», estime dans un communiqué l’Université de Dartmouth College, dans le New Hampshire (Etats-Unis).

 

Des chercheurs en biologie de cette université ont pris comme objet d’étude le bourdon fébrile (Bombus impatiens), une espèce qui vit en Amérique du Nord.

 

Ils ont scruté l’effet de plusieurs types de nectars sur ces bourdons auxquels ils avaient auparavant inoculé un parasite intestinal.

 

Ce parasite, le trypanosome du bourdon (Crithidia bombi), a un impact négatif sur les colonies en réduisant la durée de vie de ces hyménoptères et la production de nouvelles reines.

 

Quelque 540 ouvrières de l’espèce Bombus impatiens ont été nourries avec un régime sucré contenant huit types de substances actives de diverses plantes.

 

Au bout de sept jours de ce régime, les insectes ont été tués et leurs intestins examinés, afin de déterminer l’importance de la présence du parasite.

 

Les chercheurs ont constaté que quatre des huit substances contenues dans le nectar avaient permis de réduire de façon significative la présence du trypanosome du bourdon.

 

L’anabasine, un alcaloïde puisé dans le Tabac arborescent (Nicotiana glauca), s’est montrée la plus efficace avec une baisse de 81% de l’infection parasitaire.

 

La nicotine, autre alcaloïde, a elle aussi très bien marché (baisse de 62%).

 

De même que le thymol, composé aromatique que l’on trouve dans le tilleul commun et qui a réduit de 67% la charge parasitaire.

 

Ou encore le catalpol, puisé dans une plante vivace, le Chéloné glabre (baisse de 61%).

 

Mais ces substance actives, qui font partie des mécanismes de défense de la plante contre les herbivores – et donc les amateurs de nectar -, sont parallèlement susceptibles d’avoir des effets négatifs sur les bourdons. De précédentes études ont constaté des cas d’empoisonnement des hyménoptères ou une baisse de leur fertilité.

 

L’équipe de chercheurs s’est donc penchée sur l’impact négatif éventuel de l’anabasine, aux effets proches de ceux de la nicotine.

 

A leur grande « surprise Â», le seul point négatif relevé a été un retard de deux jours dans la ponte, mais sans conséquence sur le nombre d’oeufs et de larves, pointe l’étude publiée mercredi dans le journal britannique Proceedings of the Royal Society B.

 

Peut-on se permettre d’extrapoler ces résultats aux abeilles? « Bourdons et abeilles font partie de la même famille des Apidae et sont assez proches. Il est possible que l’on obtienne les mêmes résultats avec elles Â», répond à l’AFP Leif Richardson, principal auteur de l’étude. « Mais pour le vérifier, il faudrait mener des expérience centrées spécifiquement sur les abeilles Â», ajoute-t-il.

 

« Il est possible que l’on puisse améliorer la santé Â» des abeilles et des bourdons en plantant des fleurs qui contiennent des substances contre les parasites, souligne M. Richardson.

 

L’équipe va faire des expériences dans cette direction. « J’espère que nous pourrons dans le futur formuler des recommandations Â», ajoute-t-il.

 

© AFP

 

Soure fedre.org