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L’art d’avoir la patate

Il y a plus d'un anpar Horizon-Durable

Pommes de terre bio Agatha

Martin Bucher est agriculteur bio dans le Seeland. Avec le sourire, il ramasse à la main les premières pommes de terre. Du pouce, il enlève la terre d’un tubercule pour laisser apparaître une peau fine et douce. «Ça se présente bien, annonce-t-il satisfait. Dans dix jours, on pourra commencer la récolte.»

La croissance des pommes de terre de primeur Agatha n’est pas une partie de plaisir. Au début, les tubercules ont failli mourir à cause de l’humidité et du froid et avant même d’avoir pu germer. Les choses se sont ensuite progressivement améliorées. Martin Bucher, qui est passé au bio il y a une quinzaine d’années, a veillé à ce que les tubercules soient suffisamment nourris avec de l’engrais vert et du fumier de bovins. Le fumier provient de ses 25 vaches, auxquelles, par respect, il n’a pas scié les cornes.

Mais revenons à nos pommes de terre. De l’engrais et de la bonne terre ne font pas tout. Il faut de l’eau aussi, évidemment. Mais là, il y a un problème, car Martin Bucher ne veut certes pas laisser ses pommes de terre mourir de soif, mais, d’un autre côté, un surplus d’eau favorise le mildiou, les maladies fongiques et d’autres obstacles que la nature réserve aux agriculteurs bio…

Comment Martin Bucher se défend-il contre les parasites? Tout simplement en ne leur laissant pas le temps de s’installer: «Les pommes de terre ne poussent que tous les quatre ans dans le même champ. En général, leurs ennemis les plus virulents – champignons et virus – n’ont pas la patience d’attendre aussi longtemps.» De plus, l’agriculteur bio se fie au vent, plus précisément à la bise. Ses champs sont disposés de telle manière que la bise, très fréquente, les sèche vite après une pluie intense. Toutefois, rien ne serait possible sans l’expérience, le savoir-faire et les connaissances. Il y a l’intuition aussi.

«Je passe deux fois par jour pour contrôler les champs et les réserves d’eau», souligne Martin Bucher. Et naturellement, c’est par des moyens mécaniques qu’il combat les mauvaises herbes. Les mêmes qu’il utilisera pour les fanes, qui doivent être enlevées avant la récolte.

Mais il est temps de partir. Martin Bucher nous glisse un petit conseil culinaire: «Le mieux pour les pommes de terre bio de primeur est de les déguster à la poêle: beurre, sel, poivre et quelques herbes aromatiques à la fin. Un pur délice.»

Coopération No 24 – juin 2009
FRANZ BAMERT